dimanche 10 mai 2009

Choc culturel.

Ca y est nos 4 collocataires et co stagaires béninois sont arrivés ! Pour faire le tour des présentations, il y a Andréa, qui va travailler avec moi sur le diagnostic agraire. Elle a 25 ans, est en licence d’agronomie, a un petit bébé, sait très bien cuisiner toutes les spécialités du Bénin, et a tendance à jouer le role de maman dans notre collocation. Il y a Noël, qui travaille avec Stéphane sur la sélection variétale du jatropha, 22 ans en licence d’agronomie, très gentil. Et il y a les ravageurs : Alexandre, la 30aine, en master d’enthomologie appliquée, qui va travailler sur les ravageurs du jatropha, un drole de personnage, et Anatole, 36 ans en licence, qui va travailler avec lui, il vient de Cové (la ville ou on habite sur le terrain) et a une grande partie de sa famille la bas, donc on compte sur lui pour apprendre à mieux connaître les environs.
La première semaine s’est bien passé, même si c’est beaucoup plus dure de se mettre à travailler quand on est 6 dans la maison que quand on était 2 (il y a toujours du bruit, qqn qui regarde la télé, ou 2 qui discutent, pas possible de s’isoler au calme…) Et bien sur il y a toujours quelques détails qui surprennent, qui nous rappellent qu’on n'a pas grandit dans la même culture :
- La religion
Comme beaucoup de gens ici ce sont de fervents catholiques. Ca me fait toujours bizarre de voire des jeunes de mon age aussi pratiquants, surtout quand on pense que la religion catholique n’est arrivée que récemment dans le pays est n’est pas du tout la religion traditionnelle du pays. Donc ça donne quelques discussions intéressantes à table le soir autour de l’existence de Dieu, de son rôle dans notre vie de tous les jours… etc Grosse surprise aussi quand un soir, vers minuit je les trouve tous les 4 dans la cuisine installés autour de la table, un chapelet dans les mains en train de réciter des notre père et je vous salue marie chacun leur tour pendant ½ h. De même quand avant de sortir boire une bière un soir, je les voit vérifier qu’ils ont bien pensé à emmener leur petit crucifix.

Paradoxalement, ils sont assez libérés et parlent, par exemple de sexe sans taboos. Je ne peux pas m’empêcher de faire une comparaison avec l’Amérique du sud où les gens étaient très pratiquant mais aussi très conservateurs sur le sujet des relations hommes-femmes (un peu hypocritement d’ailleurs). Par contre bien sur pour une femme à presque 24 ans il serait grand temps que je me marie et /ou pense à avoir des enfants !

Ils ont le contact très facile : physiquement, on te prend la main quand on te parle, ou on te met la main sur l’épaule, ou sur les cheveux, beaucoup plus que ce qu’on à l’habitude de faire (surtout les femmes). Même oralement, on s’appelle mon / ma chéri(e) entre amis très facilement.Et après une semaine passée ensemble, quand Andréa est rentrée à Cotonou samedi, elle nous a appelés 3 fois à la maison dans la journée demandant à parler à chacun de nous (aparemment stéphane et moi avons été les seuls à trouver ça bizarre

Par contre quand on sort en groupe, je dois laisser le guidon de la moto, pour un homme se faire conduire par une femme, c’est encore inconcevable… En parlant de moto cela me rapelle une autre anecdote amusante : petit problème sur la moto d’alexandre vendredi midi alors qu’on rentrait ensemble avec andréa et anatole, donc il faut la réparer avant de rentrer : ON a attendu à 3 avec lui pendant 3 h que la moto soit réparée. Ca me dérangeait pas vraiment d’attendre mais ca me paraisait un peu une perte de temps de rester à 3 mais pour Andréa c’était une évidence, on n’allait pas les abandonner, quand même !!

Sinon, le travail de terrain continue, avec traductrice cette fois, mais ca n'a pas simplifié mon travail autant que je l'escomptait, au contraire, c'est assez dur de voire andréa discuter longtemps et rigoler avec les producteurs et n'avoir droit qu'à une version résumée de 2 minutes. J'envie leur complicité et j'aimerais pouvoir échanger et partager plus avec les paysans.

Heureusement, l'arrivée des stagiaires a accéléré mes progrès en fon. Je peux saluer les gens, me présenter, dire des banalités, ce que je fais, etc... Les gens apprécient besucoup le fait qu'on les salue dans leur langue, ca les fait rire mais ils sont très contents, ça brise la glace et permet de ne pas être vue uniquement comme une yovo de plus qui vient les emmerder avec ses questions!!

3 commentaires:

Martin a dit…

Et ben! Au moins tu dois pas t'ennuyer avec tout ce monde et toutes ces découvertes! Quelques mot de fon maitenant que tu parles presque couramment ;)?

Gaëlle a dit…

Coucou
On dirait que c'est l'idéal pour découvrir la culture locale...
Et tu risque d'avoir d'autres surprises à nous raconter.
Bisous

AM et D a dit…

Salut,
Et oui, si tu ne veux pas te sentir à l'écart, il faut vraiment que tu aprennes le fon.
Vive la compagnie c'est le meilleur moyen de s'imprégner des coutumes et de leur culture.
Prends bien soin de toi.
Bisous